Des femmes à Augusta ?

Par le 10 avril 2012
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Le débat sur la politique d’abonnement de l’Augusta National Golf Club est arrivé à un point litigieux lors de la conférence annuelle du président du Masters qui a eu lieu mercredi.

Au cours d’une discussion très riche, la question suivante a été soulevée : est-ce que l’ouverture aux femmes du plus célèbre golf au monde sera encouragée par la vigueur retrouvée du débat ?

Depuis qu’il a pris les rênes du golf à Hootie Johnson en 2006, le président de l’Augusta National Billy Payne a mené une campagne de sensibilisation afin d’augmenter progressivement le nombre de femmes, au nom du jeu. Il en a parlé dans son discours d’ouverture de mercredi : « surpasser les attentes de tous nos membres » et amener l’idée « d’attirer les enfants et autres groupes de golfeurs potentiels ».

Le Président n’a pas confirmé que cette question des membres féminins est le sujet principal de la conférence.

« Le golf est trop précieux, trop merveilleux pour qu’on le laisse sur la touche et que le nombre de joueurs diminue » a-t-il déclaré. « Que nous menions ce combat régulièrement ou occasionnellement, cela n’a pas d’importance. Seul importe de le faire. »

Ces mots sonnent un peu creux quand on les met à côté du fait qu’Augusta est une institution masculine. En effet, il est difficile de mener ce combat dans l’ombre.

Nous ne pouvons dire dans combien de temps Payne accueillera le premier membre féminin d’Augusta. Présentée avec un billet doré dans le but de suivre le protocole et d’inviter la première femme PDG d’une entreprise sponsor du tournoi et partenaire d’IBM à la présentation des nouveaux membres, Payne doit penser que le temps est venu de faire tomber cette barrière.

Mais Martha Burk, ainsi que le monde entier, a appris il y a 10 ans que le fait d’imposer de telles mesures n’était pas le meilleur moyen de créer un changement durable. En effet, le club peut créer une campagne contre ce choix d’ouverture aux femmes. Et de monter une association afin de lutter contre cette volonté. Même si on peut ne pas respecter ces idées, on doit respecter ce droit.

Le sujet a été relancé la semaine dernière quand un rapport de Bloomberg adressé à IBM a sélectionné Ginni Rometty comme étant la première femme PDG à être invitée avec ses prédécesseurs à être membre en 100 ans d’histoire de l’Augusta National.

Mercredi, Billy Payne a été questionné sur un éventuel changement de la politique « d’adhésion masculine ». Ce dernier a répondu de façon prévisible :
« Et bien, comme ça a été le cas depuis toujours, toutes les questions liées aux adhésions ont toujours été l’objet de délibérations privées, et cela reste le cas encore actuellement. »
Invité à s’exprimé sur le cas Rometty, Payne a donné deux raisons au silence du club :
« Premièrement, on ne parle pas de nos délibérations qui sont d’ordre privé. Et deuxièmement, nous en parlons encore moins lorsqu’il s’agit de quelqu’un dont le nom a été évoqué publiquement ».

Le sujet devrait rapidement s’estomper derrière les discussions typiques à cette période de l’année comme l’état du parcours, ou encore les perspectives d’un tournoi très relevé cette année.

A propos de Olivier DOAN