Interview Karine Icher : « Je ne m’attendais pas à faire une saison comme ça »

Par le 4 décembre 2012
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Six Top 10 et une 27e place à la Money List, le cru Karine Icher LPGA Tour 2012 a été excellent. En pleine période de décompression, la Française nous a accordé une interview dans laquelle elle revient sur cette saison ainsi que sur les choses à améliorer pour enfin remporter cette première victoire outre-Atlantique.

 

Monsieur Golf : Que fais-tu à l’heure actuelle ?

Karine Icher : Je me repose je tape un quelques balles car je vais jouer une compet’ avec Anne-Marie Palli (ancienne Française ayant évolué sur le circuit LPGA dans les années 80-90, 2 victoires) à Phoenix dans quelques jours. Ensuite je vais me rendre aux étoiles du sport où je représenterais le golf et après je coupe totalement avec le golf jusqu’à début janvier.

Quel bilan tires-tu de cette saison ? Est-ce que tu t’attendais à avoir de si bons résultats ?

Non pas du tout, mon début de saison a été un peu difficile (4MC sur les 5 premiers tournois) avec la naissance de Lola à l’été 2011. Le manque de temps et d’entraînement a fait que mon début de saison a été un peu délicat. Ensuite j’ai très bien joué.  Je pensais faire une année comme ça pour 2013 ou 2014 mais voilà ça s’est passé comme ça.

Avoir une fille t’as libéré l’esprit (ndlr : Sa fille, Lola, est née à l’été 2011) ?

Oui sûrement et puis je m’entraîne plus de la même façon. Avant je pouvais rester 6-7 heures au golf. Maintenant avec Lola, ce que je faisais en 7 heures avant et bien je dois le faire en 3 heures, donc je vais beaucoup plus à l’essentiel à l’entraînement.

Une bonne saison, mais pas encore de victoires, que reste-t-il à améliorer pour y parvenir ?

Je dois encore gagner quelques mètres au drive et puis les putts, toujours les putts. Je me suis souvent retrouver à trois ou quatre coups de la tête le dimanche et souvent mes putts mordaient les bords des trous, je ne dis pas que c’était tout le temps bien putté, mais il y a une part de réussite que je n’ai pas vraiment eu cette année dans cet exercice.

Est-ce la seule chose à améliorer pour concurrencer les joueuses asiatiques ?

Vous savez, parfois je vais m’entraîner faire 18 trous. Elles sont au putting green quand j’arrive et elles y sont encore quand je repars. Leur stroke de putting n’est pas parfait mais il est tellement répété qu’il en devient mécanique. Ce sera l’un des axes de ma préparation.

Pour ce qui y est de la longueur au drive, les Asiatiques sont loin d’avoir une portée de balle impressionnante mais elles ont une technique qui fait que leur balle roule beaucoup, donc le manque de puissance n’est pas un problème sur un parcours sec, quand le parcours est mouillé, leur manque de portée les handicapent un peu.

Le niveau est de plus élevé, quand je vois qu’elles sont capables d’envoyer un coup de bois 5 à la même distance du trou que moi avec mon fer 9. Elles rentrent plus de putt grâce à cette précision.

Connais-tu les françaises qui sont aux cartes américaines ? Ont-elles une chance d’intégrer le LPGA Tour ? (ndlr : entretien réalisé pendant les cartes US)

Je connais un peu Valentine car elle avait un statut conditionnel cette année et surtout Anne-Lise, pas du tout les trois autres. Anne-Lise Caudal vu son expérience et son passé sur le circuit Européen a clairement le niveau. Je leur souhaite à toutes de réussir, ça serait sympa si on parlait un peu plus Français sur le LPGA Tour. Après, passer pro et s’attaquer directement au LPGA Tour, c’est assez audacieux mais bon si elles n’y arrivent pas, elles pourront rebondit sur le circuit Européen.

 

« Le circuit européen est en train de mourir »

 

Chez les hommes, c’est un véritable exode qui a lieu vers les Etats-Unis ? Est-ce une situation qu’on pourrait retrouver chez les femmes ?

Ah oui complètement. Le circuit féminin européen est en train de mourir. Honnêtement je ne vois pas comment elles arrivent à s’en sortir avec des tournois dont la dotation tourne autour de 250 à 300 000€. A moins de faire partie des toutes meilleures je ne vois pas comment c’est tenable. Trouver des sponsors dans le golf féminin, c’est déjà pas évident, mais alors dans le golf féminin européen c’est encore pire. Je ne vois comment elles parviennent à financer leur saison.

A ce sujet, on sait que vous avez gagné 420 000€ sur le LPGA Tour (27e) mais combien vous a « coûté » votre saison ?

Cette année, il a fallu compter entre 150 et 200 000€. Bien sûr les déplacements représentent une part importante, et cette année il a fallu parfois prendre une chambre d’hôtel en plus pour que je dorme dans une pièce séparée car Lola n’arrivait pas à dormir. Après, il faut aussi rémunérer son coach et les personnes qui m’entourent.

Est-ce que votre petite fille a voyagé avec  vous et votre mari (ndlr : Fred Bonnargent qui est aussi son cadet) durant toute la saison ?

Oui on ne veut pas le faire garder, après tout si on fait un enfant c’est pour s’en occuper. Sur les tournois aux Etats-Unis, le LPGA Tour met à notre disposition une garderie. A l’étranger c’est interdit donc Fred reste à la maison avec la petite ou alors mes parents ou des amis proches s’en occupent. Dire qu’avec la grossesse, les joueuses du tour m’avaient dit que j’allais gagner en longueur (rires). Pendant ma grossesse, j’ai même perdu 2 clubs !!

Il y a peut-être des futurs mamans qui nous lisent, auriez-vous un conseil à leur donner ?

Oui, continuer à jouer ça maintient en forme. Si vous avez l’aval de votre médecin ça ne peut qu’être bénéfique. J’ai joué ma dernière compétition à mon 7e mois de grossesse, c’était au Brésil en plus, avec long voyage. Très clairement être enceinte, c’est loin d’être une maladie au contraire.

Et des conseils à donner aux amateurs pendant l’hiver ?

De ne pas s’acharner au practice en règle générale et en hiver en particulier car avec le froid on se raidit. Ici en Floride, j’ai le même problème mais avec la chaleur. Pour continuer à travailler intelligemment, je vous conseille de vous mettre devant un miroir et de décomposer votre swing.

Un exercice que j’aime beaucoup c’est, toujours devant un miroir, s’entraîner à faire un swing en deux minutes. Techniquement c’est très profitable et d’un point de vue musculaire ça permet de renforcer les muscles sollicités pendant le geste.

 

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