Le plus beau Masters de l’histoire ?

Par le 4 avril 2012
email
Print Friendly and PDF

Cette 76e édition du Masters est la plus attendue depuis des décennies. Les meilleurs joueurs sont au top de leur forme, les outsiders ont des allures de favoris et les rookies semblent n’avoir rien à leur envier.

 

Meilleur qu’en 1975 ?

 

La victoire de Tiger Woods à Bay Hill est bien sûr la cause principale de l’excitation qui entoure ce Masters. Sans victoire depuis deux ans et demi le Tigre s’est offert un trophée à Bay Hill il y a deux semaines et veut montrer qu’il est toujours sur la route des dix-huit Majeurs de Jack Nicklaus. Pour gagner une cinquième veste verte, le Tigre devra faire face à la bonne passe que traversent cette année les meilleurs joueurs du monde :

–          Phil Mickelson, en roue libre au Shell Houston Open la semaine dernière, Lefty s’est l’air de rien offert un Top 10. Mais c’est surtout sa victoire à Pebble Beach en dernière partie face à Tiger Woods qui lui donne des allures de vainqueur potentiel. S’il putte à Augusta comme à Pebble Beach, le suspense pourrait vite prendre fin et Lefty rejoindrait au palmarès Tiger Woods avec quatre vestes vertes.

 

–          Luke Donald : Certes, le n°1 mondial n’a jamais gagné de Majeur mais Augusta est celui qui lui réussit le mieux. Trois Top 10 sur le parcours géorgien dont une 4e place l’année dernière. Le Britannique est clairement le meilleur joueur de ces douze derniers mois et sa victoire il y a trois semaines au Transitions Championship montre que sa fantastique année 2011 ne doit rien au hasard. Seul petit bémol, les conditions soft annoncées jusqu’à samedi pourrait désavantager le Britannique, plus connu pour être précis que long sur ses mises en jeu.

 

–          Rory McIlroy : L’insouciance, il faut en avoir pour ne pas se laisser intimider par Augusta. L’année dernière McIlroy l’a eu pendant trois tours avant de se laisser broyer par la pression le dimanche avec cette carte de 80. Depuis, une victoire à l’US Open et une place de n°1 mondial sont venus l’endurcir et ont validé le talent que tout le monde du golf lui reconnait. A l’instar de Mickelson, le Nord-Irlandais a parfaitement su résister aux assauts de Tiger Woods à Bay Hill avec en plus la place de n°1 mondial en ligne de mire. Cette démonstration de résistance, Rors l’a faite dans le Bear Trap, l’enchaînement de trou le plus difficile du PGA Tour. McIlroy n’est plus le même joueur, et s’il gagne dimanche,  il deviendrait le plus jeune double vainqueur de Majeur depuis Gene Sarrazen en 1922. Avec  cinq Top 10 et une victoire en Majeur à l’âge de 22 ans, Rory est largement en avance sur les temps de passage de Woods.  Ce Masters 2012 sera peut-être le passage de témoin définitif entre les deux hommes.

 

Les « outsiders » font peur

 

Depuis 1975 et le trio Jack Nicklaus, Johnny Miller et Tom Weiskopf, jamais les favoris n’ont atteint leur pic de forme au même moment. Le « pire » c’est que ce Masters pourrait bien leur échapper, la faute à des outsiders qui n’en ont que le nom :

–          Hunter Mahan : Seul double vainqueur cette année, Mahan est l’Américain le mieux classé au ranking mondial (4e). Vu son niveau et sa confiance actuels, il pourrait bien répéter la performance de Mickelson en 2006, dernier joueur sortant d’une victoire à s’être imposé à Augusta. Une stat’ à double tranchant tant il est difficile d’enchaîner deux victoires de suite. Enfin même s’il a déjà gagné deux WGC, sa capacité à briller en Majeur reste une inconnue. « Seulement » quatre Top 10 dont trois cuts ratés l’année dernière. Sa capacité à garder la balle en jeu le prédestinerait plus pour un US Open que pour un Masters où son manque de longueur au drive pourrait le pénaliser (88e à 287 yards)

–          Justin Rose : Après Woods, Mahan, Justin Rose est le troisième des élèves de Sean Foley à pouvoir se targuer du statut de prétendant à la victoire cette semaine. Vainqueur à Doral, le Britannique est dans la forme de sa vie. L’année dernière, alors que son swing était en chantier, il avait déjà terminé 11e. Attention à son état de fraîcheur, lui qui avant cette semaine de repos, a enchaîné six semaines de jeu de suite.

 

–          Sergio Garcia : El Niño n’a certes rien gagné cette année, mais peut-on écarter un joueur, revenu à son meilleur niveau qui a déjà accumulé 17 Top 10 en Majeurs ? Augusta a beau être le Majeur qui lui réussit le moins, Sergio est dans le Top 15 en distance au drive, au putting et sur les par 5. L’inconnue est de savoir quel  Sergio a fait le voyage cette semaine. Celui qui a joué l’aller en 31 au Doral lors du 1er tour ou bien celui a joué les neuf trous suivants en  44 ? Dans le premier des cas, attention à lui.

 

–          Adam Scott : L’année dernière, Adam Scott et Jason Day auraient pu être les premiers Australiens à s’imposer à Augusta. Des deux, Scott est celui qui a le plus montré depuis la précédente édition avec notamment une victoire impressionnante à Firestone lors du WGC Bridgestone Invitational. Autre changement comparé à l’édition 2011, Adam Scott s’est adjoint les services de Steve Williams, victorieux de trois Masters au sac de Tiger Woods. Impossible dans ces conditions d’écarter un joueur qui a, à 31 ans, compte déjà huit victoires outre-Atlantique.

 

La fin de la malédiction des « rookies » ?

 

Parmi les 97 joueurs (dont six amateurs) qui vont s’affronter cette semaine, Steve Stricker, Lee Westwood ou bien encore le tenant du titre Charl Schwartzel auraient pu prétendre à ce statut d’outsider. Il en va de même pour trois des quinze joueurs qui effectuent leur premiers pas à Augusta cette semaine. L’occasion pour ces trois Américains de devenir les premiers « rookies » à s’imposer depuis Fuzzy Zoeller en 1979 :

 

–          Keegan Bradley : Dernier vainqueur en date d’un Majeur, Keegan Bradley continue d’étonner son monde du haut de ses 25 ans. Victorieux à deux reprises lors de sa première année sur le PGA Tour, le neveu de l’ancienne joueuse Pat Bradley (36 victoires de 1976 à 1995) continue de briller avec neuf Top 25 sur ses neuf premiers tournois cette année. Comme son mentor Phil Mickelson, Bradley possède ce tempérament d’attaquant qui pourrait aussi bien le faire briller que causer sa parte sur les fairways de l’Augusta National. Son incroyable finish à Riviera cette année est le meilleur plaidoyer qui soit pour ce joueur à la routine agaçante (il a promis qu’il y travaillerait !).

 

–          Kyle Stanley : Si cette saison 2012 est aussi excitante sur le PGA Tour, c’est en grande partie grâce à cet homme. En pleurs après avoir perdu à Torrey Pines malgré trois coups d’avance au départ du 72e trou, Stanley s’imposait une semaine plus tard à Phoenix. Cet d’apprentissage à la McIlroy accéléré est-il suffisant pour prétendre à la victoire à Augusta ? Il est en tout cas celui des trois rookies, qui a le jeu qui s’adapterait le mieux aux conditions « soft » annoncées pour les deux premiers jours.

 

–          Webb Simpson : Comme Bradley, Webb Simpson a remporté deux victoires lors de sa première année sur le PGA Tour en 2011. Très précis et très adroit sur les greens, Simpson a lui aussi confirmé cette saison avec trois Top 10 depuis le début de l’année. Deux de ses trois premiers Majeurs se sont soldés par un Top 20, inexpérimenté vous avez dit ?

 

Pas de vent annoncé cette semaine sur Augusta. Une chance sur deux qu’il pleuve le jeudi et le vendredi, l’occasion pour quelques joueurs inattendus de faire leur trou au leaderboard. Un plein soleil le week-end et des têtes d’affiches en forme. Un vrai rêve éveillé ce Masters !!

(Credits Photo : AP & Getty Images)

A propos de Monsieurgolf

vos réactions nous intéressent, laissez-nous un commentaire :

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.