Les quatre Mousquetaires

Par le 13 avril 2010
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Mickelson, vainqueur émotif

Le gaucher américain était deuxième au départ du dernier tour, un coup derrière Lee Westwood. Tranquille à l’aller, qu’il a conclu avec un birdie (8), il a passé la vitesse supérieure au début du retour, sur le fameux Amen Corner (11-12-13), en réalisant notamment deux birdies de suite au 12 et au 13. Au 13 (par 4), il a d’ailleurs réussi le coup de la journée, voire du tournoi. Bloqué devant un arbre et sur les épines de pin après un drive « égaré », Mickelson a lâché un deuxième coup de fer diabolique qui a fini à 2m du drapeau, lui offrant un putt facile qui a laissé Westwood à deux coups. Auteur encore de deux birdies aux 15 et 18, il a impressionné par son audace, son talent, notamment au petit jeu, n’étant plus à démontrer. Après une année 2009 difficile, marquée par le cancer de sa femme, ce joueur adoré du public américain est apparu très ému au moment d’enfiler sa troisième Veste verte, après 2004 et 2006 : «C’est un sentiment incroyable, un souvenir que je chérirai pour toujours. Les mots ne suffisent pas pour dire ce que je ressens.»

Westwood si près du but

Si l’Anglais a réalisé son meilleur résultat en Majeur avec sa deuxième place, nul doute que ça ne suffira pas à le consoler d’être passé si près de la victoire. L’Anglais avait pourtant tout pour lui au départ du tee n°1 dimanche : un coup d’avance sur Mickelson, quatre sur Woods et Choi, et surtout une maîtrise de soi impressionnante. Mais c’est finalement ce qui lui a peut-être coûté la victoire. Le n°1 européen en 2009 a trop voulu maîtriser les choses, se gardant de prendre le moindre risque, contrairement à Mickelson, qui a osé, et réussi. Trop sage, Westwood a réalisé seulement quatre birdies (2-5-13-17) pour trois bogeys (1-4-9). Mais, comme toujours très fair-play, il a tenu à féliciter le vainqueur : «Je suis évidemment déçu car je suis passé tout près. Mais je ne me suis pas assez lâché. Phil a frappé de beaux coups sur l’Amen Corner, des coups loin d’être faciles, et il mérite sa victoire.»

Woods a gagné son pari

Tiger Woods a vécu une journée en enfer dimanche. Dès le premier trou, il a envoyé son drive sur le fairway du n°9. Il a ensuite manqué une sortie de bunker au 2, effectué un chip trop long au 4, avant d’égarer un nouveau drive au 5. Après cinq trous, il avait déjà enquillé trois bogeys et presque dit adieu à la victoire. Et puis, en champion qu’il est, il a réagi, avec un superbe tryptique eagle-birdie-birdie aux 7-8-9. Beaucoup ont alors cru que le miracle était possible, qu’après cinq mois d’absence, le Tigre allait empocher son 15e Majeur. Mais, rattrapé par sa nervosité, son impatience et son manque de compétition, le n°1 mondial a craqué, avec un incroyable bogey au 14 à cause d’un putt de 50 cm manqué. Il s’est d’ailleurs montré impitoyable avec lui-même : «Ce n’est pas ce que je voulais, je souhaitais gagner ce tournoi. J’ai fait trop d’erreurs sur les greens et trop de mauvais coups que je ne fais pas d’habitude. Je n’ai pas été bon.» Mais au-delà du résultat sportif, qui est loin d’être mauvais (4e ex aequo), Woods peut être rassuré par l’accueil du public, qu’il craignait après la tempête médiatique de ces derniers mois. L’Américain a été soutenu, applaudi, porté par ses milliers de fans. Et son attitude a changé aussi : il s’est montré plus proche, plus humain, multipliant les signes d’affection envers le public. Un nouveau Tigre est né, et il est toujours aussi fort.

K.J. Choi a fini par craquer

Impressionnant de régularité, véritable métronome au drive, le Sud-Coréen a failli refaire le coup de son compatriote Yang Yong-Eun, vainqueur l’an dernier du Championnat de la PGA au nez et à la barbe de Tiger Woods. Après un aller en 33 grâce à trois birdies (2-6-8), Choi a d’ailleurs brièvement partagé le leadership avec Phil Mickelson. Placé dans la même partie que Woods, comme depuis le début du tournoi, Choi est apparu comme l’exact opposé de l’Américain, certes moins brillant, mais tellement régulier. Et puis, enfin, le Sud-Coréen est redevenu humain, et la machine jusque-là si brillante s’est légèrement déréglée, avec deux bogeys aux 13 et 14. Suffisant pour laisser Mickelson prendre le large. Mais le Sud-Coréen espère bien que son parcours servira d’exemple : «Auparavant, les joueurs asiatique avaient peur lorsqu’ils arrivaient au Masters, persuadés qu’ils n’avaient aucune chance. Mais aujourd’hui les choses ont changé et je pense que ça va donner de la motivation aux autres joueurs, que ça va leur prouver qu’ils peuvent gagner un aussi gros tournoi.» –

A propos de Olivier DOAN

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