Rétro Majeurs 2011 – US Open : McIlroy à la Woods

Par le 31 décembre 2011
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McIlroy ne cogite pas longtemps après sa noyade dominicale au Masters. Cinq jours après sur l’European Tour, il est déjà leader après 54 trous de l’Open de Malaisie, finalement remporté par Matteo Manassero devant Greg Bourdy et le Nord-Irlandais.

L’US Open termine de balayer les derniers doutes sur le mental de McIlroy.

Une victoire de bout en bout que n’aurait pas renié Tiger Woods qui regarde devant sa TV celui que beaucoup voient comme son possible successeur à la place de n°1 mondial.

 

Nicolas Colsaerts a l’air de ne pas en revenir mais si, le parcours du Congressional CC dans la banlieue de Washington est long, très long, 6925 mètres, un record ! Le parcours ressuscité par Rees Jones en 2006 fait figure de test pour nombre de golfeurs présents cette semaine. McIlroy peut t-il rebondir après son 80 au Masters ? Levet ou Havret peuvent-ils nous jouer un remake de Pebble Beach 2010 ? Steve Williams peut-il faire gagner Adam Scott brillant 2e à Augusta ? Beaucoup de questions rapidement rendues obsolètes, une seule vaut vraiment la peine d’être posée : Combien de records Rory McIlroy a battu sur le parcours de Bethesda ?

Le Congressional CC et son trou signature le 18. Le 111e US Open est le 5e Majeur à se dérouler sur le parcours de Bethesda. Ce parcours de la banlieue de Washington accueille également l'AT&T National depuis 2007

 

Comment gérer l’après échec en Majeur ? C’est une question que n’a pas le temps d’aborder Rory McIlroy avec Dustin Johnson et Phil Mickelson qui partagent sa partie. Tout commence comme à Augusta avec un 65 vierge de tout bogey et quelques coups de grande classe, les mauvaises langues diront que « Lefty » s’est offert un clinic pour son 41e anniversaireDerrière les favoris tirent déjà la langue. Le trio qui domine le golf mondial se fait botter les fesses par l’étroit parcours du Congressional. Donald et Kaymer jouent 74 (+3), Westwood qui revient quatorze ans après sur les terres de son premier US Open repart avec un 75. Même score pour Thomas Levet qui devance de deux coups Greg Havret. Si le contingent français est en difficulté (notamment au putting), les Sud-Coréens et les Sud-Africains sont, eux, à leur avantage. Y.E Yang est 2e à trois coups de McIlroy et Kyung-Tae Kim suit à un coup. Côté Boks, Schwartzel continue sur sa lancée du Masters avec un 68. Plus surprenante est la bonne première journée du « charismatique » Louis Oosthuizen. Le vainqueur du dernier British qui reste sur deux cuts manqués au Masters et au Players commence par deux bogeys avant de corriger le tir et d’arrêter sa mire sur un très bon 69. Seve Ballesteros, mort dix jours auparavant aurait certainement apprécié la partie 100% espagnole où Quiros et Jimenez ont pu apprécier le 69 de Sergio Garcia. Dans le dur depuis de nombreux mois, le Valencien peut déjà se satisfaire de prendre le départ de son 48e Majeur de suite. Il prend le relai de Vijay Singh au chapitre de la longévité, absent cette semaine le Fidjien abandonne par la même occasion sa série de 67 Majeurs disputés d’affilée. C’est bien là, le seul record hors d’atteinte de l’homme du jour Rory McIlroy, auteur d’une vraie démonstration.

 

McIlroy creuse l’écart, Havret épatant

 

Sa perf’ est peut-être passé inaperçue dans la banlieue de Washington mais le 69 de Greg Havret veut dire quelque chose. Peu après la disparition de son père, le Rochelais se montre ultra-solide nerveusement et golfiquement pour ne commettre aucune erreur sur ses douze derniers trous pour finalement passer le cut. Clap de fin en revanche pour Thomas Levet, handicapé par un mollet douloureux et des greens qu’il ne goûte que très peu. Mickelson, lui a passé une bonne partie de la soirée de la veille avec Butch Harmon pour se lancer à la poursuite du phénomène qui partage sa partie. Lefty corrige le tir avec un 69. Un vendredi très stars & stripes puisque treize Américains descendent sous le par dont le surprenant amateur de 19 ans Patrick Cantlay, auteur de la deuxième meilleure carte du jour (67).

Patrick Cantlay, auteur d’un 67 le vendredi terminera à la 21e place et meilleur amateur. Une semaine plus tard, il battra le record du parcours du TPC River Highlands en jouant 60 lors du 2e tour du Travelers Championship et sera sacré meilleur amateur à la fin de la saison.

Et comme la veille, c’est Rory McIlroy qui fait la loi avec une carte de 66. Même score pour Marcel Siem, qui a cependant eu la mauvaise idée de jouer treize coups de plus la veille. Pour son 1er US Open, le bouillant Allemand avait même averti la veille la réception de son hôtel qu’il ne resterait sûrement pas vendredi soir, à tort.  A ce stade, seul peut-être Y.E Yang semble être en mesure de profiter d’une (nouvelle) surchauffe de Rory McIlroy. Le vainqueur de l’UPSGA 2009, auteur d’une très belle deuxième journée est le seul joueur avec Rors à jouer dans les 60 deux jours de suite. Les six coups de retard qu’il a sur le Nord-Irlandais ne l’effraient pas, c’est même un bon souvenir puisque c’est précisément le retard qu’il avait sur Woods après 36 trous à Hazeltine lors son succès à l’USPGA. L’année suivante, Yang avait même comblé un retard de dix coups (!) sur Seung-Yul Noh à l’Open de Corée, donc pourquoi pas ? Pas de quoi inquiéter le prodige de Holywood qui, contrairement au Masters, ne bouleverse pas son emploi du temps, et le soir venu s’octroie un petit Very Bad Trip II au ciné avec ses amis.

 

Rory tue le suspense

 

Pas de Hangover cependant pour le leader incontesté de ce 111e US Open. Certes, un peu moins souverain driver en main mais qui poste encore un solide 68. Pas de quoi trembler devant la charge conjointe de Jason Day et de Lee Westwood, auteurs tous les deux d’une carte de 65 qui les ramènent…à neuf coups de McIlroy. Les Cassandre qui ont encore une casquette des Masters vissée sur la tête voient dans le 9 de retour de Lee Westwood (30) un moyen d’entretenir un soupçon d’incertitude. Matt Kuchar lui n’a pas autant de supporters. Troisième avant le moving day, l’Américain reste dans les clous pour un deuxième Top 10 de suite à l’US, mais son 69 l’empêche de regarder plus haut, la faute à un retard de dix coups sur la tête (sic). Même score et mêmes ambitions restreintes pour quelques cadors du circuit comme Sergio Garcia, Dustin Johnson ou bien encore le champion sortant Graeme McDowell. Journée encore très solide pour Greg Havret qui joue dans le par. Y.E Yang est lui toujours 2e mais en mode régulateur de vitesse, qui plus est en marche arrière (68-69-70). Outre le prize money, le seul avantage d’être dans cette position est d’avoir l’honneur d’être le premier joueur à venir féliciter le plus jeune vainqueur de l’US Open depuis Bobby Jones en 1923 (21 ans).

 

« Happy Father’s Day »*

 

Après un dîner avec son père et Lee Westwood la veille, Rory McIlroy s’attaque aux 18 trous les plus importants de sa carrière pour la deuxième fois cette année (!). Les conditions sont plus « softs » que la veille, l’aller est vulnérable et Westwood est motivé par la perspective de retrouver sa place de n°1 mondial. Mais rien n’y fait, les amateurs de suspense en sont pour leurs frais, les imprimeurs du Guinness Book eux se mettent au travail. Un birdie d’entrée vient exorciser son 80 d’Augusta. Une dernière carte tranquille de 69 pour un premier Majeur avec une guirlande de records à la clé (voir encadré). « Happy father’s day » lance Rory à son père qui vient à sa rencontre quelques instants après son triomphe. Le public est en délire et oublie presque que les Américains n’ont pas mis la main sur un Majeur depuis Phil Mickelson à Augusta en 2010. Quand vos cinq meilleurs représentants se nomment Kevin Chappell, Robert Garrigus, Brandt Snedeker, Davis Love III et Heath Slocum, ça fait au moins cinq raisons de se focaliser sur le présent et d’admirer le triomphe d’un des plus grands talents du golf mondial. Augusta est loin même si l’identité du dauphin est la même. Après avoir terminé 2e de son premier Masters, Jason Day récidive avec pour son premier US Open. Charl Schwartzel termine lui 9e juste derrière un Sergio Garcia qui n’avait plus été dans le coup pour un Majeur depuis l’USPGA 2008 (2e derrière Harrington). Enfin, très bel US Open de Greg Havret, qui, sans son 77 inaugural aurait pu monter plus haut que sa 30e place finale. Pour la deuxième année de suite, c’est un pays d’à peine deux millions d’habitants qui repart de l’U.S Open avec le trophée du vainqueur. Mais si la victoire de G-Mac en 2010 était une première pour ce dernier aux Etats-Unis, ce n’est pas le cas de « Rors » qui, lors du championnat du monde des moins de 10 ans, avait déjà fait étalage de son talent à la TV Américaine, il était déjà sûr de lui…

*Joyeuse Fête des Pères

Le petit Rory, 18 mois, ses premiers divots sous les yeux attendris de son père Gerry….Vingt plus ans tard le fils remporte son 1er Majeur et tombe dans les bras de son père

 

[box] Lors de cet US Open, Roru McIlroy a établi ou égalé douze records, voici les principaux :

o Joueur le plus rapide à avoir atteint les deux chiffres sous le par (au 26e trou)

o Plus bas score après 36 trous (-11)

o Plus grosse avance après 36 trous (égalé) : 6 coups

o Plus bas score après 54 trous : -14

o Plus bas score sur 4 tours : 268

o Score le plus bas après 72 trous : -16 (précédent -12 Woods à Pebble Beach) [/box]

 

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