Sergent Garcia : que viva España !

Par le 28 juillet 2012
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A vélo, Contador vole sur les routes et Sanchez rafle le titre olympique à la pédale ; Pau Gasol fait des ravages dans les rackettes de la NBA et en sélection nationale, Nadal fait bouffer de la terre battue à tout le monde… Fernando Alonso et Dani Pedrosa roulent des mécaniques. On ne parle même pas de Xavi et Iniesta qui manient la pelota comme on tremperait un churros dans du Nutella. C’est à dire facilement, très très facilement. Mais du côté de la petite balle blanche, circulez y a rien à voir… Pendant que les fidèles de la couronne flambent sur tous les terrains de la planète faisant de la péninsule ibérique la meilleure nation sportive du monde, sur les fairways, le Sergent Garcia, Sergio pour les intimes, se fait ridiculiser par des Zorro d’un jour. Des outsiders qui sortent de nulle part en grand chelem (15 différents lors des 15 derniers tournois).  À 32 ans El Niño n’a toujours pas remporté une compet’ digne de ce nom alors que les cheveux blancs commencent à se pointer… À une autre époque, son idole Seve Ballesteros avait encore la coupe au bol quand il remporte son premier majeur. British. Il avait 22 ans. Des tournois du grand chelem, Sergio en a pourtant gagné plusieurs… Dans ses rêves en suçant son pouce ! Ballesteros lui, le faisait dans la vraie vie. À la sortie de son deuxième british glané au Lytham en 1988, le magicien d’Oz Seve balance : » J’ai joué aussi bien qu’il est possible de l’imaginer ». Sergio fait  tout l’inverse…

Vous l’avez compris depuis longtemps, la formule : « N’oublie jamais Serge, tu es un gagnant », prend du plomb dans l’aile ! Une vérité si je mens que l’ex prodige de Castellon s’inflige depuis des années et des années. Incapable de boucler quatre jours sans se foirer. L’homme est réputé fragile. Fébrile. Un vrai cœur d’artichaut sur les greens, comme dans sa vie privée… En mars 2009, sa séparation avec la fille de Greg Norman, Morgan-leigh, lui déchire le cœur et ce qui va avec… son putting, sa mise en jeu et son jeu de fers.

Mais si Sergio en est arrivé là c’est peut-être parce qu’il continue au fond de lui, à jouer plus haut que son c**. Car même s’il avoue dans une fausse modestie « ne pas être assez bon pour remporter un Majeur », il y a des signes qui ne trompent pas. Notamment lors de ce dernier British. Résultat un comportement qui laisse à désirer, une soif de victoire qui reste toujours à prouver. Sur une approche pas si mauvaise à l’arrivée (4 m du drapeau), Sergio s’offre le luxe de râler avant même la fin de son swing, comme si le gars avait pris l’habitude d’enfiler des perles au pied des mats. Ce jour-là, les commentateurs de Golf+ restent circonspects. A un moment, il faudrait se regarder un peu le nombril. Les joueurs de golf aussi mauvais soient-ils le savent : on a le jeu que l’on mérite !

Sergio est têtu. « Il n’en fait qu’à sa tête. Il trouve une idée bonne que lorsqu’elle vient de lui » avoue Cowen, l’un de ses coachs pompier de service.

Ne vous y trompez pas pour autant Serge gagnera un majeur… Si la déprime ne le pousse pas à vendre ses clubs sur eBay ! Je le vois bien l’emporter dans 10 ans… Après avoir vu un coach mental qu’il se refuse d’approcher pour l’instant (Pourquoi j’en verrais un, j’ai aucun problème ?).

En attendant, c’est tout un peuple qui fait comme si de rien n’était.  Une nation qui l’épargne comme on préserve l’autre Niño, du ballon rond cette fois, Fernando Torres, qui s’est découvert une phobie des buts depuis plusieurs mois.

Dans le golf, les espagnols font alors toujours porter leurs espérances de victoires sur ce bon vieux Jimenez, 153 ans, des airs de pirates des caraïbes, courbé et fatigué, tant son successeur se fait attendre… Coté punch et chevalier flamboyant, faudra repasser ! La pépite espagnole viendra de là ou on ne l’attend pas (Larazabal ?). Celle qui était attendue, n’était en réalité qu’en plaqué or.

Mes amis, Sergio est en réalité né trop tôt… Bien que talentueux, il est la grande victime de la suprématie Woods. On l’oublie trop souvent. Un vrai martyr ! Il faut dire que même un taureau ne survit pas longtemps aux estocades… Alors quand elles durent des années et qu’on est un agneau ? On n’apprend qu’une seule chose : perdre !

Mais je vous vois déjà venir avec votre argument Ryder Cup… Oui, c’est l’un des meilleurs de tous les temps, un vrai leader et il le sait. En attendant, demandez plutôt à Nadal s’il préfère remporter une coupe Davies ou Rolland Garros ? CQFD

Fabien Pigalle

A propos de Rédaction Monsieurgolf