US Open : 1er majeur pour Justin Rose

Par le 17 juin 2013
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Au terme d’un 4e tour encore terrible au niveau du score, c’est finalement Justin Rose qui a remporté ce 113e US Open sur le parcours de Merion. Avec un score de +1 sur la semaine, le nouveau n°3 mondial devance de deux coups un Phil Mickelson encore maudit.

 

Toutes les mauvaises séries ne pouvaient pas prendre fin le même jour. Pour Phil Mickelson, la malédiction de l’US Open se poursuit avec une sixième 2e place. Fin de série en revanche pour l’Angleterre qui n’avait plus remporté de Majeurs depuis 17 ans (Nick Faldo, Masters 1996)

Avec 10 joueurs se tenant en cinq coups, cet US Open aurait très bien s’achever ce lundi en playoff. Mais c’est oublier que le parcours de Merion, même soft, s’est comporté en merveilleux broyeur d’illusions.

Merion a vite fait le tri

Parmi les favoris, la première victime est Luke Donald. Sur le 3, la mise en jeu du Britannique met K-O une bénévole. Est-ce cet incident fait sortir l’ex-n°1 mondial de sa partie ? En partie sans doute. Luuuukke enchaîne par deux autres bogeys et un double, +5 après six trous, l’homme de Chicago devra encore patienter pour son 1er Majeur.

La défaillance la plus spectaculaire, et la plus rapide, a sans aucun doute été celle de Steve Stricker. A 46 ans, l’occasion était unique de devenir le plus vieux vainqueur de l’US Open (Hale Irwin, 45 ans, US Open 1990).

Une pression sans doute trop grande pour le semi-retraité du PGA Tour qui envoie sa mise en jeu hors-limites sur le 2. Quelques instants plus tard sur ce même trou, l’Américain envoie une socket au fer 4, là encore hors-limites. Réputé pour sa solidité, Stricker concède un triple bogey suivi d’un bogey sur le 4. Lui aussi voit s’envoler ses rêves de 1er Majeur.

Après un birdie d’entrée, Charl Schwartzel dégoupille lui aussi très vite sur le parcours de la banlieue de Philadelphie. En jouant +8 du 3 au 10, même score pour la journée, le vainqueur du Masters 2011 a même rendu le 2e pire score du jour.

McIlroy pète les plombs

Tension régnant sur les dernières parties, parcours qui ne pardonne rien, tout était réuni pour qu’un joueur venant de derrière embête ce petit monde.

Un costume que n’ont pu enfiler ni Tiger Woods (74), ni Rory McIlroy (76).Rien ne s’est passé pour Tiger ce dimanche à l’image de son triple dès le trou n°2. Avec un score final de +13, le n°1 mondial dépasse d’un coup sa plus mauvaise référence en Majeur (+12 lors du l’US Open 2006 à Winged Foot).

Les choses auraient pu en revanche mieux tourner pour Rory, seulement +1 après dix trous. Malheureusement pour le n°2 mondial, son approche dans l’eau sur le green du 11, lui vaut un quadruple bogey…et un club cassé.

L’homme que personne n’a vu venir dans ce 4e tour c’est Jason Dufner. Avec un score incroyable de -5 après 13 trous, l’Américain a tout simplement la meilleure position : Celle d’être leader au club house et de mettre la pression sur les autres. Intéressant lorsque l’on sait que dans ces autres, nombreux sont ceux qui risquent d’être tétanisés par la perspective d’une première victoire en majeur.

Mais ce scénario du comeback s’est dissout avec un hors-limites sur le 15. Cependant, avec le meilleur score de la semaine égalé (67) Dufner, s’offre tout de même une 4e place inattendue.

Mickelson trahi par son wedging

Devant, on comprend vite que la lutte pour le titre ne va concerner que quatre joueurs : Phil Mickelson, , Justin Rose, Jason Day, Hunter Mahan.

Malgré deux doubles au 3 et au 5, Lefty rétablit la situation grâce à un birdie au 4 et surtout avec un eagle sur le par 4 driveable du 10.

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Malheureusement pour lui, talent et inconstance ont trop souvent animé sa carrière, parfois même dans le même round, comme cela est le cas ce dimanche, jour de ses 43 ans.

En effet, après son eagle, Phil concède un bogey sur le mini par 3 du 13, le trou le plus facile de ce parcours. Sur le 15, une autre erreur de wedge à 110 mètres lui coûte un nouveau bogey. Trahi par ses wedges, ça devait bien finir par arriver pour celui qui en a mis cinq dans son sac cette semaine (exit le driver pour un lob wedge à 64°).

Contraint à l’exploit, le joueur de San Diego, ne peut inverser le cours du destin sur les deux monstres du finish, les 17 et 18. Avec désormais six places de 2e, Phil est plus que jamais recordman du genre à l’US Open.

Avec une carte de 71, le seul défaut de Jason Day a été de partir de trop loin avant cette dernière journée. Auteur de son 4e Top 3 en Majeurs depuis 2011, l’Australien nous a encore montré qu’il était l’homme des grands rendez-vous.

Pour ce qui est de Hunter Mahan, ressortir la gratte du Celtic Manor serait un peu facile pour qualifier son attitude sous la pression. Cependant les faits sont têtus, avec deux bogeys et un double sur les quatre derniers trous. Dommage pour le Californien (4e) qui renoue cependant avec le Top 10 en Majeur pour la 1ère fois depuis 2010.

Justin Rose sur les pas de Ben Hogan

C’est donc finalement le calme de Justin Rose qui a été récompensé.

« Bravo à Justin, meilleur joueur au monde sur ces dernières années. Un Majeur bien mérité ». L’histoire ne dit pas à combien de pinte était Graeme McDowell au moment d’écrire de ce tweet, difficile cependant de la contredire.

Vainqueur du BMW Championship en 2011, au Doral en 2012, deux Top 10 en majeurs l’an dernier, 5e mondial avant cette semaine, l’Anglais est loin de ce qu’on peut appeler une surprise.

Cette attente, cette pression qui a fait craquer quelques Britanniques avant lui (Donald, Westwood, Montgomerie), l’élève de Sean Foley  a su parfaitement la maîtriser…même lorsque l’histoire lui faisait de l’œil.

Toujours sous la menace de Mickelson au départ du 18, le joueur Anglais a joué son 2e coup à quelques mètres de la plaque célébrant le coup de fer  1 de Ben Hogan lors de sa victoire dans cette épreuve en 1950.

« Quand j’ai vu où ma balle reposait, je me suis dit, ça y est c’est mon heure maintenant ».

Dans ce contexte, la pureté de son coup de fer-4 n’en est que plus admirable. Un par pour terminer et une victoire avec deux coups d’avance au final.

Grâce à ce succès, Justin Rose, nouveau n°3 mondial, efface 43 ans de disette anglaise dans l’open américain (Tony Jacklin, 1970).

Le premier d’une longue série ? Certains disaient la même chose pour Adam Scott. Pas besoin de faire des pronostics et de perdre son temps, saluons le champion ça suffit largement.

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(Credits Photo : Getty Images)

A propos de Hervé MARQUES

Prétendant éconduit de Natalie Gulbis, Hervé passe sa colère en envoyant des slices sur les golfs de la région parisienne. Lorsqu’il est hors d’état de nuire, vous pouvez le retrouver sous sa casquette de journaliste sur Canal+, Golf Channel…et Monsieur golf bien sûr !

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