L’interview de Woods après sa victoire

Par le 5 décembre 2011
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Les mots qui sont sortis de la bouche de Tiger Woods étaient particulièrement attendus. Morceaux choisis de son interview en salle de presse quelques minutes après sa première victoire en individuel depuis deux ans :

Tiger, quel spectacle aujourd’hui ! Deux birdies pour finir et en plus  dans votre tournoi, que ressentez-vous ?

Oui c’était très agréable d’être face à Zach aujourd’hui, on a pris beaucoup de plaisir tous les deux. J’ai pris la tête après mon birdie au 11, et je l’ai gâché au 12 avec un bogey. Puis Zach a rentré un très beau putt au 13 en descente et puis il a joué un coup incroyable (un chip sur le green) au 14. Sur ce trou je pensais pouvoir récupérer un coup si ce n’est deux si je rentrais mon putt. S’il avait putté pour mettre sa balle à hauteur, je ne pense pas qu’il aurait gardé sa balle sur le green. Ce coup lui a donné encore plus confiance et il a fait le birdie après sur le 16 et puis nous nous somme retrouvés sur le 17. A ce moment-là, je savais que j’avais besoin d’un birdie sur ce trou et je l’ai fait. Mon birdie sur le 18 ? C’était une belle manière de finir le tournoi.

Tiger, bien que les deux éléments soient liés, quelle est votre plus grande satisfaction ? Celle d’avoir gagné aujourd’hui ou celle d’être enfin en pleine forme physiquement ?

C’est une suite logique plus qu’autre chose. Pour jouer comme je l’ai fait, j’ai besoin de me sentir à 100%. C’est une fois retrouvé cette explosivité que j’ai pu m’entraîner de manière si intense.
Tout a commencé à partir de là, quand j’ai pu m’entraîner. J’ai pu répéter mes gammes après je me suis aligné sur quelques tournois et les choses sont allés en s’améliorant à partir du Frys.com Open et puis grâce à quelques exhibitions que j’ai jouées. Ces exhibitions sont comme de petits tournois pour moi. En tout cas je les considérait comme telles car je ne jouais pas trop. Puis après, il y a eu quelques exhibitions en Asie, l’Australian Open, la Presidents Cup et puis ici. Tout ça je l’ai fait car j’étais en bonne santé.

Quelle était la distance de votre dernier putt sur le 18 ? Quel a été votre sentiment quand vous avez vu la balle disparaître dans le trou ?

C’était un putt d’environ 3m – 3m50, légèrement droite gauche. Mes premières pensées ? A vrai dire je ne pensais pas trop, je crois que j’ai hurlé (rires) j’en suis plus tout à fait sûr mais oui je crois que j’ai fait ça. Après j’ai regardé le public qui suivait notre partie et puis je me suis dirigé vers Zach pour lui serrer la main.

Que représente cette victoire pour vous ?

Ca fait du bien. Je n’ai été en course pour la victoire que deux fois cette année, ce n’est pas beaucoup. J’étais en tête aux Masters sur le retour puis j’avais une bonne chance à l’Australian Open. C’était ma troisième chance et cette fois j’ai su la saisir.

Pouvez-vous comparer votre émotion après cette victoire avec celle de votre victoire à Kingston Heath (au JBWere Masters en 2009) à l’époque où gagner était pour vous une habitude ?

Je ne sais pas. Les victoire sont toutes belles. Elles ne sont pas faciles, les gens ne réalisent peut-être pas à quel point c’est dur de s’imposer sur un tournoi de golf. Même à l’époque où j’enchaînais les succès, je ne prenais pas ça pour un acquis, et c’est parce que je pensais comme ça que j’ai pu en gagner autant. Certaines victoires sont plus faciles car je joue bien. Ici j’ai très bien joué toute la semaine mais je n’ai pas rentré assez de putts samedi pour garder la tête et accroître mon avance. J’ai fait trois bogeys samedi sur les par 5, c’est quelque chose que vous ne pouvez pas vous permettre de faire ici. La journée de dimanche a été radicalement différente, j’avais le sentiment que je pouvais jouer tous les par 5 en -5, je pensais que c’était le meilleur moyen de mettre la pression sur Zach. (Woods a joué -2 sur l’ensemble des par 5 dimanche).

Plus tôt cette semaine, vous aviez confié avoir dit à Notah (Notah Begay III, un des principaux confidents de Woods, issu comme lui de l’Université de Stanford) que vous n’aviez rien ressenti de particulier quand vous étiez à la lutte à l’Australian Open, était-ce la même chose aujourd’hui ?

Oui exactement, je me sentais normal, très à l’aise. J’ai souvent été dans cette position donc ça n’a rien d’exceptionnel de l’être de nouveau, surtout ici. Est-ce que j’étais nerveux ? Oui bien sûr, vous êtes toujours nerveux quand vous êtes dans cette position. Mais c’est un sentiment agréable d’être en course pour la victoire, j’adore ça.

Sans tenir compte des blessures et du reste, à quel point cela a été difficile d’entendre à chaque fois que vous n’aviez pas gagné depuis longtemps ?

Oui c’était un peu agaçant, en fait à chaque début de tournoi il y avait toujours un de vous (les journalistes) qui me le rappelait donc ça fait du bien. Mais ne croyez pas je joue pour vous, je joue avant tout pour moi et pour remporter des trophées. J’ai dit en début de semaine que je pouvais gagner ici et c’est ce que j’ai fait.

Sans vouloir verser dans le sentimental, qu’aurait dit Earl (son père, mort d’un cancer en 2006) aujourd’hui ?

Je pense qu’il aurait été fier de la manière dont je me suis accroché aujourd’hui, dont je suis rester concentré. Il aurait été heureux de voir ma détermination au moment de choisir les coups et de l’engagement que j’y ai mis. De son vivant, c’est une chose qu’il me répétait sans cesse : « Que ton choix soit le bon ou non, au moins joue le coup à fond ». C’est un principe que j’ai bien appliqué cette semaine surtout quand le vent soufflait, dans ces conditions vous ne pouvez pas vous permettre d’être hésitant. Aujourd’hui je me suis engagé sur chaque coup peu importe le résultat, j’avais fait exactement la même chose hier. Seulement mes bons coups ont échoué aux mauvais endroits.

Vous semblez atteindre votre pic de forme, n’êtes-vous pas frustré que la saison touche à sa fin, vous préféreriez peut-être que cela se soit passé en milieu de saison avec pleins de tournois devant vous ?

Non je ne suis pas déçu. Je me suis vraiment entraîné dur à partir de la semaine avant le Frys.com. Depuis je n’ai pris que très peu de jours de repos. Physiquement et mentalement je sens que j’ai besoin d’une petite pause. Après je repartirais du bon pied pour l’année prochaine.

Quelle est la partie de votre jeu qui vous a amené vers cette victoire ?

Je me suis senti solide dans tous les compartiments du jeu. Mes mauvais coups n’ont pas été trop mauvais. Le seul mauvais coup de ma journée, c’était mon approche ratée sur le 12 (bogey sur un par 3). Mis à part ça, j’ai raté aux bons endroits, ma vitesse sur les greens était plutôt bonne, pas excellente mais bonne. J’ai été réguliers avec mes fers toute la semaine, mais mes deux coups de fer au 17 et au 18 étaient eux vraiment très bons, et j’ai réussi à enchaîner à chaque fois avec deux bons putts.

Qu’est-ce que cela vous fait d’entendre des commentaires tels que « Ca y est il est de retour » ?

C’est assez amusant car un de mes amis m’a envoyé un message ce matin en reprenant les paroles d’une vieille chanson de LL Cool J « N’appelez pas ça un retour, je suis là depuis des années ». Je trouve que ça me correspond plutôt bien, j’ai hâte de lui répondre.

Vous dîtes qu’en golf, vous n’êtes jamais satisfait, qu’il y a toujours quelque chose à améliorer. Vous concernant,quels sont vos motifs de satisfaction et les points qu’il vous reste à améliorer ?

Déjà je suis content de la manière dont je peux corriger les imperfections de mon swing. Je sais ce que je dois faire pour corriger le tir. La plupart de mes ratés sont dus à mon backswing, il faut que je travaille ça. Mais sous la pression, j’ai pu me réfugier dans des schémas techniques que je connaissais, j’ai donc besoin d’en créer de nouveaux pour résoudre de nouveaux problèmes. Mais mes meilleurs coups de fer cette semaine je les ai joués sous la pression au 17 et au 18 aujourd’hui et ça c’est très stimulant.

L’année dernière ici, vous aviez également rendu de très belles cartes malgré votre défaite en playoffs (face à Graeme McDowell). Après ça, les attentes étaient grandes pour le début d’année 2011, en quoi cette performance est-elle différente avant d’aborder 2012 ?

L’année dernière, je ne jouais que dans une filière, avec des trajectoires droite-gauche. Je n’avais pas le plan de swing pour faire autre chose. L’année dernière, j’ai réussi à être dans la course grâce à mon putting mais mon jeu de fer était « limité ». Sean et moi avons essayé de corriger ce problème l’année dernière mais ça n’avait pas marché. Cette année a été très excitante car je suis enfin capable de jouer avec des trajectoires différentes. L’année dernière, quand j’ai joué à Dubaï, j’ai encore été confronté à ce problème car le vent soufflait vers la gauche et je ne pouvais pas couper la balle. Techniquement, je suis dans une situation très différente de l’année dernière car j’ai fait face à ce type de vent en Australie sur deux tournois et ça s’est bien passé à chaque fois.

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